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20 ans après…
Lian Hearn   Le Clan des Otori - Tome 4 : Le vol du héron
Gallimard - Folio 2008 /  8.90 € - 58.3 ffr. / 752 pages
ISBN : 978-2-07-034340-9
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Traduction de Philippe Giraudon.

Première publication française en février 2007 (Gallimard).

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L’inconvénient des bonnes trilogies, c’est qu’elles s’arrêtent à trois tomes… c’était le problème avec Le Clan des Otori.

Le Clan des Otori, c’est d’abord une belle histoire d’amour, de magie et de samouraï en trois tomes : dans un univers japonais médiéval, avec un doigt de fantastique, le lecteur, cheminant aux côtés des deux héros, Takeo et Kaede, découvrait un monde féodal, où de puissants seigneurs s’affrontaient, tandis que dans l’ombre, la Tribu – mélange de mafia et de clan ninja aux pouvoirs étranges – servait les desseins des uns et des autres, et ses propres ambitions…

Un monde chaotique, flamboyant, rythmé par les combats de sabres, des batailles, des passes diplomatiques, alliances et trahisons : du grand spectacle en Technicolor, avec une belle intrigue et des personnages très réussis. En fait, c’est la recette Harry Potter à la sauce nippone : un récit fantastique sympathique, écrit originellement pour des enfants et des adolescents, qui conquiert un public adulte et s’impose facilement comme un best seller international. Une beau «roman de formation» comme on disait au XIXe siècle, suffisamment complexe pour éveiller, intriguer, faire rêver, suffisamment simple pour captiver sans lasser… La démonstration par Lian Earn d’un grand talent de conteuse en somme. Mais voilà, à l’issue du troisième tome, le lecteur abandonnait Takeo et Kaede, réunis après de terribles aventures et placés à la tête du royaume des trois pays… Fin de partie chez les Otori ?

Soulagement avec ce Vol du Héron, quatrième tome de la trilogie ! Revoilà Takeo, Kaede, Kenji et tout le clan des Otori. Mais 20 ans ont passé : Takeo Otori est un seigneur juste et apprécié, la paix règne, même si de loin en loin, des complots surgissent de la part d’ennemis anciens comme de membres mécontents de la Tribu (pour les connaisseurs : la famille Kikuta). Le petit garçon, héritier de deux traditions – une tradition guerrière, samouraï, et une tradition plus sombre, magique, celle de la Tribu – s’est imposé, a vaincu ses adversaires et recouvré un héritage, au prix d’une prophétie et d’une longue série de guerres et de batailles. Devenu le père conquis de 3 filles habiles à l’art martial, resté fidèle à Kaede, il pourrait vivre heureux et délaisser ses fans. Certes, désormais vieillissant, il se bat plus difficilement, a perdu deux doigts de la main droite (qui l’élance constamment : le prix à payer pour avoir vaincu son ancien seigneur, Kotaro) et ses facultés paranormales vont déclinantes (mais il sait toujours se rendre invisible et son ouïe est bien meilleure que celle de Superman).

Déprimé, fatigué par son métier de roi, il rêve d'une retraite méritée mais doit toutefois faire face à quelques inquiétudes – en particulier la question de sa succession - et de nouvelles menaces : un beau frère et une belle sœur comploteurs patentés, un empereur qui, au loin, le menace et exige son abdication, une famille de la Tribu qui rêve de l’assassiner, un fils caché dont la prophétie annonce qu’il tuera son père, des étrangers venus du lointain occident et qui s’infiltrent dans son royaume avec leurs armes à feux, une sœur chrétienne retrouvée après 25 ans de silence, prosélyte et embarrassante… Les soucis s’accumulent sur la tête de Takeo, alors même que ses principaux alliés, en particulier ses deux maîtres, Matsuda et Kenji, ont disparu... L’aventure reprend.

La recette avait bien marché pour les mousquetaires d’Alexandre Dumas, alors pourquoi ne pas l’employer pour les héros du Clan des Otori ? 20 ans après, les corps ont vieilli, les sentiments ont mûri, les ambitions se sont affirmées. Vieillir, pour un héros littéraire, c’est parfois difficile mais le plaisir de lecture est intacte : Takeo a grandi et ses soucis sont désormais, non plus ceux d’un adolescent amoureux et d’un conquérant, mais ceux d’un époux, d’un père et d’un roi. Changement d’échelle si l’on peut dire… Si le couple Takeo-Kaede va bien, des tensions demeurent, notamment du fait des enfants. Et puis le personnage même de Takeo est devenu plus complexe, hésite entre l’éthique et la raison d’Etat, entre les sentiments et les ambitions, dévoile sa part d’ombre en somme, celle du pouvoir assumé. A la guerre, il faut préférer la paix et la justice. C’est une nouvelle dimension, plus politique, plus ambitieuse peut-être, pour une série très réussie, et un plaisir renouvelé pour le fan des Otori.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 23/06/2008 )
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