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Canards déchaînés
Joann Sfar   Lewis Trondheim   Nicolas Kéramidas   Donjon Monsters (tome 12) - Le Grimoire de l’Inventeur
Delcourt 2008 /  9.80  € - 64.19 ffr. / 48 pages
ISBN : 978-2-7560-0776-2
FORMAT : 23x30 cm

Couleurs: Walter
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Ce qui devait arriver arriva : à force de multiplier les époques, les péripéties, les personnages, les rebondissements et les coups du sort, tout le monde commence à s’emmêler les pinceaux, et les bourdes déboulent. Ainsi le « niveau » (le moyen de datation mis en place pour la série) indiqué en page de garde de ce nouvel album n’est pas le 5 mais, dixit Trondheim en personne, bel et bien le 7, soit la suite immédiate de « Retour en fanfare ». On imagine que l’erreur de numérotation sera corrigée lors d’une future réimpression. Plus difficile à retoucher en revanche, le fait que Guillaume De la Cour porte à sa taille la fameuse ceinture du Destin. « De la Cour n'a pas vraiment l'épée du destin mais une copie pour faire croire, mais ce ne sera expliqué que dans le Zénith 7 avec des super gags.», déclare à nouveau malicieusement Trondheim sur le forum des Murmures. Tout l’esprit bricolo-potache de la série est résumé ici. Si Donjon a quelque chose du puzzle, c’est un puzzle élaboré à l’envers, l’image finale, totale, n’étant pas encore connue de ses concepteurs et les pièces ne s’ajustant parfois pas très bien, il faut forcer un peu pour que le motif voulu se dégage finalement. Et surtout, au lieu de combler les blancs, les auteurs semblent s’ingénier à créer d’autres vides, préférant faire proliférer leur univers plutôt que le clôturer. Au risque de s’empêtrer dans ces différentes trames donc.

Pourquoi s’embêter en effet ? Donjon est un grand chantier en constante évolution, des vis manquent, des écrous tombent, et parfois les plans d’architecte se contredisent. Comme si, dans cette parodie d’un univers créé de toutes pièces et fourmillant de détails à la Tolkien, Donjon pouvait tout se permettre sans que cela ne nuise, jusqu’à présent, à sa crédibilité. Car au fond, tout cela reste de la fantaisie, de la farce, et les nombreux rebondissements pourvus par les scénaristes depuis le premier tome de la série confirment que finalement, derrière une apparence de cohérence verrouillée, c’est la blague qui régit avant tout cet univers.
Mieux encore, les pinaillages sont même devenus l’une des activités préférées des fans assidus de la saga. Comme si le fait de repérer les fautes et les contradictions scénaristique, loin de gangrener les albums, était au contraire une source de plaisir supplémentaire, une valeur ajoutée. Quelle autre série peut se vanter d’un tel privilège et d’une telle complicité avec ses lecteurs ?

Dès lors, et de plus en plus, chaque nouvel album ne peut s’apprécier pleinement qu’en le confrontant aux souvenirs des tomes précédents. En l’occurrence ici, « Le Grand Animateur », « Après la Pluie » ou « Retour en fanfare » permettent de savourer toutes les qualités de ce « Grimoire de l’Inventeur », chaque péripétie ou dialogue se répondant et conversant d’un livre à l’autre. À travers ces albums, le parcours du professeur Cormor est ainsi parfaitement mis en évidence, se terminant ici de façon plutôt tragique.

Ce « Grimoire » marque aussi un petit tournant puisqu’il donne pour la première fois le crayon à un jeune dessinateur issu d’un courant plutôt mainstream, un pirate venu de chez Disney et Soleil, rien que ça. Pour les détenteurs des clés du royaume, c’est un pas important et un pari gagné puisque Kéramidas (Luuna) s’approprie sans difficulté l’univers. Retour à l’envoyeur en effet : Herbert n’est qu’un lointain cousin de Picsou, et dans le duché de Vaucanson (anciennement Canard-Ville), Kéramidas est ici comme chez lui, proposant une bande dessinée animalière colorée et mouvementée. Les décors sont particulièrement fouillés et soignés, les physionomies toujours très marquées et expressives. Quant à Walter, le coloriste attitré de la série (à quelques exceptions) n’est pas en reste : il livre ici une palette toute en jolies nuances. On est là dans un album au scénario certes un peu brinquebalant, faisant fi d’une construction trop carrée pour laisser faire le flair, mais à l’impeccable technique graphique, et aux gags plutôt enlevés et réussis. Le résultat, loin d’être déséquilibré, donne au contraire un album réussi, apportant quelques nouveaux éléments à la saga, et caractérisé par cette maîtrise un peu folle qui fait que, malgré tout, chacun retombe au final sur ses pattes.


Alexis Laballery
( Mis en ligne le 04/02/2008 )
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