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Morts ou Juifs
Catherine Lewertowski   Les Enfants de Moissac - 1939-1945
Flammarion - Champs 2009 /  8 € - 52.4 ffr. / 286 pages
ISBN : 978-2-08-122477-3
FORMAT : 11,0cm x 18,0cm

Préface de Boris Cyrulnik.

L'auteur du compte rendu : Grégory Prémon est agrégé d'histoire-géographie.

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Dans L’Ère du témoin, Annette Wieviorka montre qu’aujourd’hui le témoignage est devenu une nécessité sociale. L’ouvrage de Catherine Lewertowski illustre cet impératif.

En effet, l’auteur relate comment à partir des témoignages des enfants de Moissac, elle a pu reconstituer l’histoire de cette aventure durant la Seconde Guerre mondiale. Le récit est parsemé de citations et de nombreuses pages retranscrivent avec justesse et émotion les récits de témoins encore vivants et interrogés par Catherine Lewertowski. Elle ne s’appuie cependant pas exclusivement sur les témoignages et utilise d’autres sources. On pourrait estimer que celles-ci restent malgré tout assez maigres et qu’un croisement de sources plus important n’aurait pu qu’être bénéfique à ce travail. Cette limite pose la question de la définition de l’ouvrage dont le ton hésite parfois entre celui du livre d’histoire et celui du témoignage.

Il n’en demeure pas moins que Catherine Lewertowski relate avec précision l’histoire des enfants de Moissac. Elle montre comment du mouvement de scoutisme juif a pu naître cet îlot qui permit de sauver tant d’enfants promis à la mort. Le propos – et cela mérite d’être souligné – est toujours inséré avec beaucoup de justesse dans le contexte de l’époque. La maison des enfants de Moissac est liée à l’histoire d’une femme, Shatta Simon, et d’un mouvement, les Éclaireurs israélites de France. Dès 1939, ils fondent la maison de Moissac qui devient très vite «le centre stratégique des éclaireurs israélites durant la guerre». Les enfants réfugiés vivent selon les règles et la hiérarchie imposées par le scoutisme. Paradoxalement d’abord reconnus par Vichy et soutenus par le Consistoire, la famille Rothschild et le Comité d’aide aux réfugiés, les enfants de Moissac vont à l’école ou participent aux ateliers qui leur sont organisés.

L’originalité de la maison réside dans l’atmosphère qui y règne. Elle est d’abord une maison juive où chaque vendredi soir, on célèbre Shabbat et où l'on vit selon le calendrier juif. Les témoins insistent : «nous chantions et nous faisions surtout des fêtes». Les enfants sont élevés en tant qu’enfants juifs et leur identité est fortement préservée. C’est ainsi que s’explique le premier titre du livre : Morts ou juifs. La sauvegarde des enfants passait par la sauvegarde de leur judaïté.

La vie des enfants de Moissac devient plus difficile à partir de l’été 1942 au cours duquel à lieu à Paris la rafle du Vel’ d’Hiv’. Les plus grands sont les premiers menacés avant qu’on décide de la dissolution de la maison en novembre 1943. Loin d’être abandonnés, les enfants sont cachés : c’est le «planquing». Ils trouvent refuge sous de fausses identités dans des institutions ou des familles chrétiennes. Quelques-uns d’entre eux passent clandestinement en Espagne ou en Suisse. Parallèlement, les plus grands s’engagent dans la résistance et prennent le maquis : ils participent ainsi à la libération de Castres et de Mazamet à la fin de la guerre.

Ce récit illustre ainsi un des aspects de la résistance en France : la résistance des juifs face au régime de Vichy et à l’occupant. Toutes les facettes de la résistance sont envisagées, de l’aide apportée aux enfants aux combats armés menés à la fin de la guerre. A ce titre, l’ouvrage de Catherine Lewertowki participe largement à l’historiographie aujourd’hui de plus en plus renouvelée et de la résistance et de l’histoire des juifs en France. Avec justesse, la préface du livre a été confiée au psychanalyste Boris Cyrulnik, notamment connu pour ses travaux sur le concept de résilience. En effet, Catherine Lewertowski fait certes œuvre d’histoire avec cet ouvrage mais l’histoire racontée est elle-même est un bel exemple du concept psychanalytique.


Grégory Prémon
( Mis en ligne le 01/09/2009 )
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