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Histoire & Sciences sociales  ->  Période Contemporaine  
 

Au temps où l’empire allemand couvrait l’Alsace de ses forteresses
Bernard Bour   Günther Fischer   Le Fort de Mutzig, 1893-1945
Mutzig 1992 /  30.53 € - 199.97 ffr. / 192 pages
ISBN : 2-909932-00-1
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Symbole douloureux de la défaite de 1870 et du rattachement à l’Allemagne jusqu’en 1918, les fortifications allemandes d’Alsace restèrent longtemps méconnues alors que les ouvrages de la Ligne Maginot faisaient déjà l’objet de nombreuses publications. En 1992, le livre de Bernard Bour et Günther Fischer sur la Feste de Mutzig avait jeté un premier éclairage sur cette architecture militaire, mettant en valeur la richesse des archives allemandes trop ignorées des chercheurs français. Dans ce nouvel ouvrage, Philippe Burtscher fait non seulement l’inventaire des éléments architecturaux, mais aussi les replace dans le contexte stratégique et réglementaire de l’époque.

Le résultat, fruit d’une prospection de terrain de plusieurs années, de l’accumulation de mesures et de photographies et de la collecte de données dans les dépôts d’archives français et allemands, est un fort volume de 528 pages. L’auteur met à notre disposition un ensemble de 98 cartes, 72 photos actuelles et 180 reproductions de photos ou cartes postales anciennes, et surtout plus de 300 schémas et croquis inédits. Aussi, cet ouvrage, novateur par son sujet et exhaustif par son contenu, se situe à la croisée de l’histoire et de l’archéologie militaires.

Le propos s’ouvre sur la chute du second Empire en 1870 et la perte de l’Alsace-Lorraine. Quelques cartes postales sont là pour rappeler les durs combats du siège de Strasbourg en 1870. Cette place forte, française depuis 1681, devient la capitale d’un Reichsland et fait l’objet d’un programme de fortifications dès 1872 avec la construction de douze forts détachés et, à partir de 1876, d’une nouvelle enceinte qui double au nord la superficie de la ville. Ces premières fortifications seront modernisées et augmentées au fil des évolutions stratégiques et des progrès techniques.

Entre 1887 et 1910, certains forts sont partiellement renforcés en béton et munis des premiers cuirassements pour l’observation d’artillerie. Comme en France, des ouvrages intermédiaires sont établis pour l’artillerie légère. Dans leurs intervalles, l’artillerie lourde prend position dans des batteries parfois cuirassées et munies de magasins et d’abris. En arrière, règne une ligne d’abris d’infanterie. Ces éléments de fortification permanente doivent être complétés par de la fortification de complément au moment de la mise en état de défense, opération dénommée Armierung en Allemand.

Dès 1893, la place de Strasbourg est complétée par la Feste Kaiser Wilhelm II, construite à Mutzig au débouché de la vallée de la Bruche sur la plaine d’Alsace. D’un simple ensemble de deux forts d’arrêt sur le modèle de ceux construits en Belgique, cette Feste évolue pour devenir avant 1914 un puissant ensemble de casernes, batteries cuirassées, abris de combat et tranchées couvrant 252 hectares et abritant plus de six mille hommes de garnison. Cet ensemble est parfaitement décrit dans l’ouvrage de MM. Bour et Fischer paru en 1992. Entre 1896 et 1901, l’existence des deux pôles de la place de Strasbourg et de la Feste reliés par la Bruche va pousser les esprits militaires allemands à préparer l’organisation d’un verrou défensif matérialisé par la position de la Bruche ou Breuschstellung.

Au moment où le plan Schlieffen est adopté, il s’agit d’assurer à l’armée allemande placée en Alsace, une position barrant la rive gauche du Rhin face à une offensive française débouchant des Vosges pour remonter en direction de Mayence et menacer les arrières des armées allemandes de l’aile marchante. Cette position dont les plans sont étudiés et les matériaux préparés dès le temps paix, n’est construite en fortification de complément que lors de l’Armierung d’août 1914. Le 18 août 1914, les tourelles d’artillerie de la Feste de Mutzig bombardent les avant-gardes françaises arrivées à Urmatt. En 1915, la position est prolongée jusqu’au massif du Donon et doublée au nord par une position s’appuyant sur les hauteurs du Kochersberg.

Après cette étude stratégique, arrive une présentation de la présence militaire allemande en Alsace et en particulier de la garnison de Strasbourg avant 1914. L’organisation des différents états-majors et inspections, les unités, les casernements, l’artillerie sont détaillés jusqu’aux plus petites unités de pionniers ou de ballons d’observation.

L’auteur décrit ensuite la position de la Bruche. Il commence par une présentation des différentes composantes: en avant une position d’infanterie avec abattis, réseaux de fils de fer barbelés, tranchées, abris et observatoires blindés; en arrière, des abris plus importants pour les postes de commandement et de secours, pour les réserves de secteurs et les munitions d’artillerie, des batteries à l’air libre ou sous casemates bétonnées et des observatoires.

L’étude très détaillée de ces composantes fait apparaître non seulement une intéressante diversité des formes, mais aussi leur évolution entre les règlements du début de siècle et les dernières constructions du premier trimestre 1916. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple, les premiers abris d’infanterie avec leur entrée en chicane sans défense rapprochée et aux équipements limités vont évoluer vers un modèle renforcé à couloir en façade, créneaux de défense et appareils de chauffage. Si quelqu’un cherchait encore à connaître l’origine architecturale des abris de la Ligne Siegfried ou du Mur de l’Atlantique, il peut arrêter aujourd’hui sa quête.

Les cent quarante dernières pages sont consacrées à la description de chaque secteur de défense de la place de Strasbourg, de la Feste de Mutzig et des positions de la Bruche, de Dangolsheim, du Donon et de la tête de pont de Gertheim, ces deux derniers secteurs étant peut-être traités un peu trop rapidement. Au total, plus d’un millier de constructions sont repérées.

Espérons avec les auteurs de la préface "qu’hier, lieu d’invention, d’expérimentation et de mise au point de techniques de fortification", les fortifications allemandes d’Alsace-Lorraine deviennent "aujourd’hui lieu de mémoire, de découverte et de recherche, mais aussi de rapprochement franco-allemand dans une Europe pacifiée".


Pour acquérir ces ouvrages,il est possible d’écrire à
M. Bernard Bour,
18, boulevard Clemenceau,
67190 Mutzig.


Martin Barros
( Mis en ligne le 30/03/2000 )
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