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Un jésuite à l’Élysée
Patrick Rambaud   Emmanuel Le Magnifique - Chronique d'un règne
Grasset 2019 /  18 € - 117.9 ffr. / 196 pages
ISBN : 978-2-246-81539-6
FORMAT : 13,0 cm × 20,5 cm
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Depuis les années de la présidence Sarkozy, Patrick Rambaud (né en 1946) s’est fait le mémorialiste de l’Élysée et de sa cour dans ses Chroniques d’un règne. D’un style alerte et d’une plume acérée, il propose de lire au jour le jour les événements qui se succèdent en une année. Entre Saint-Simon et La Fontaine, il dresse un portrait le plus souvent fort réussi des souverains qui nous gouvernent et de la cour qui les entoure.

Avec l’avènement d’Emmanuel Macron au printemps 2017, l’exercice se révèle plus difficile et Patrick Rambaud s’en explique dès la première phrase : «Le Prince était solitaire et en même temps affable. Ainsi était-il fait. Il n’avait jamais été enfant. Il n’aimait guère ses congénères, tous simplistes et brutaux, même s’il participait à leurs jeux avec une belle humeur ; c’était sans doute pour ne point les blesser». En apparence ce Prince est sans aspérités, donc un cauchemar pour le caricaturiste…

Ce Prince (que le bandeau de l’éditeur présente en cavalier du XVIIe siècle, inspiré de Velázquez), Patrick Rambaud pour mieux le comprendre en retrace l’enfance dans une paisible et prospère bourgeoisie amiénoise, l’importance de la grand-mère, l’éducation jésuite (une des clés du personnage et un point commun avec le pape François), la rencontre amoureuse tant de fois racontée avec la baronne d’Auzière : «beauté de province telle qu’on en dénichait dans les romans, avec une frange blonde qui lui donnait un air déluré, et une charmante vulgarité que soulignaient des yeux coquins». Une ascension fulgurante liée dans un premier temps à une réussite scolaire à la française : classes préparatoires au lycée Henri IV, SciencesPo Paris, puis l’ENA, l’Inspection générale des finances, les premiers pas dans la banque, et enfin l’entrée en politique, sans appartenance à un parti via un poste gouvernemental.

Patrick Rambaud décrit à vive allure le récit d’une campagne électorale menée à la hussarde, composée de rebondissements successifs et surprenants, marquée par la déconfiture du «duc de Sablé» et s’achevant sur la réussite finale du héros inattendu. «Le pouvoir quel qu’il fût, a toujours produit des images qui reposaient sur le mensonge». Patrick Rambaud ayant posé le principe, qu’il illustre avec brio d’exemples historiques (le portrait officiel de Louis XIV par Rigaud, Bonaparte au pont d’Arcole…), énumère les images qui se sont succédé au cours de cette campagne inédite, et de l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Le Magnifique, et de son épouse. Autour d’eux, le ballet des déçus et des dupés, le duc de Pau en tête, à ses côtés la longiligne figure du duc du Havre.

«Notre Fracassante Majesté» mène à vive allure ses troupes face à une opposition... fracassée, reçoit en grand seigneur le tsar Vlad-le-Terrible, Buffalo Trump, pleure avec les Français la disparition de M. d’Ormesson et de M. Halliday. «Notre Compatissant Monarque» dispense des leçons de morale et de civilité aux passants qu’il rencontre dans ses déplacements officiels, et Patrick Rambaud arrête au printemps sa première chronique (également endeuillée par des «crétins islamistes» à plusieurs reprises... qu’il rappelle). Il regrette le manque de relief de l’entourage princier et conclut : «Hélas ! Pendant sa première année de règne, le Prince fut seul visible ; on ne put rire des courbettes de ses courtisans, ni frémir aux clameurs de ses sujets. Attendons la suite avec impatience. Les orages finirent par éclater».

Le temps des orages (du feuilleton Benalla aux gilets jaunes…) fournira le tome prochain ! En attendant, la lecture aura été réjouissante, même si les événements ne le furent pas toujours. Transparaît en filigrane l’écart de génération entre l’auteur et ce personnage dont il pourrait être le père.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 25/01/2019 )
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