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Noire hémoglobine
Léonora Miano   Marianne et le garçon noir
Pauvert 2017 /  19 € - 124.45 ffr. / 280 pages
ISBN : 978-2-7202-1559-9
FORMAT : 13,5 cm × 21,5 cm

Collectif
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Les éditions Pauvert présentent Marianne et le garçon noir, ouvrage collectif sous la direction de Léonora Miano. Femme de lettre franco-camerounaise connue pour ses engagements, Prix Goncourt des lycéens, grand prix littéraire d'Afrique noire et prix Femina pour de précédents ouvrages, elle défend l'identité "afropéenne" en Europe et en Occident à l'heure de la mondialisation.

Au début de l'année 2017, plusieurs affaires de violences policières avec injures racistes ont soulevé une indignation vite reléguée au rang des compassions. Le récit propose neufs témoignages et réflexions de citoyens français "différents" sur la condition de l'homme noir en France de nos jours. Dans l'introduction, Léonora Miano rappelle quelques faits historiques : "la capture, la déportation, la mise en esclavage, le colonialisme sont autant de crimes qui constituent la matrice d'où ont émergé les Noirs du monde actuel".

Michaela Danjé, présenté comme "artiste pluridisciplinaire afro-caribéene, trans-activiste panafricaine et révolutionnaire", évoque le rôle de la musique dans la prise de conscience de soi, et campe en quelques dimanches la vie d'un métisse noir dans le nord de la France. Brimades, peur, agressions puis révolte et engagements sont le chemin de son indépendance.

Amzat Boukari-Yabara, écrivain et historien, spécialiste de l'Afrique, originaire du Bénin et de la Martinique, auteur notamment de Africa unite !", s'interroge sur l'hyper-sexualisation du corps de l'homme noir dans la vision colonialiste et raciste. "La sexualité, la masculinité, la paternité... On été ainsi remplacées par le mythe bestial et stéréotypé de l'étalon". Il est pour lui fondamental "de chercher une identité masculine noire et alternative, généreuse et radicale qui ne soit pas sportive, musicienne ou littéraire". Elom 20ce, d'origine togolaise, est l'initiateur du concept ''arctivist'' crée en 2009, dont l'objectif est de promouvoir le panafricanisme à travers la culture et l'éducation. Il est l'auteur de trois albums de rap et soulève aussi le problème de l'indépendance des États africains. Comment se sentir un homme dans un pays où les colonisateurs perpétuent des relations asymétriques et néocolonialistes en imposant le seul système monétaire à avoir survécu à la décolonisation, le franc CFA dont l'usine de fabrication se trouve en France et qui est la devise officielle de quinze états africains ?

Nathalie Etoke, professeur titulaire d'études afro-diasporiques et francophones au Connecticut collège dans le Massachusetts, née à Paris de parents Camerounais, auteure notamment de L'Ecriture du corps féminin dans la littérature de l'Afrique francophone au sud du Sahara, insiste sur le fait qu'associer la race à la citoyenneté est une contradiction : "autrement dit, sans le problème du racisme, le Noir ne serait pas noir mais français tout court". Akua Naru, poète des temps modernes, est une grande voyageuse et râpeuse engagée ; World is listening nous livre un poème en français et en anglais, ode acide à l'amour, au racisme et à ses ancêtres esclaves en Caroline du nord, avant d'entamer une discussion avec Léonora Miano sur l'amour entre noirs, la place de la femme noire aux États-Unis et en France, la différence entre les hommes noirs vivants en Afrique et ceux de la diaspora entre autres.

Insa Sansé est né au Sénégal, et a grandi à Sarcelles. Ecrivain - Sarcelles -Dakar - auteur, compositeur et comédien, il a interprété le rôle d'un rappeur dans le film "Voisins voisines", et raconte son interpellation musclée à la Gare du Nord à Paris : C'était en 2008 au pays des droits de l'homme. Wilfried N' Sondé, lui, est né à Brazzaville, sa famille s'installe alors qu'il a quatre ans en banlieue parisienne ; il est l'auteur de cinq romans dont Le Coeur des enfants léopards qui a reçu le Prix des cinq continents de la francophonie. Il fait part de ses expériences amoureuses d'adolescent avec des filles à "l'épiderme rose pâle".

Yann Gaël est aussi comédien, français né au Cameroun ; il a reçu un prix d'interprétation au festival de la Rochelle pour son rôle dans le film "Le Rêve français" qui raconte comment de jeunes antillais ont rejoint en masse la métropole. Ici, en quelques réflexions sur la masculinité des acteurs ou sur le quota dont il aurait bénéficié pour son entrée au conservatoire - "j'aurais pris la place d'un blanc en somme" -, il écrit sur l'injustice et la différence et termine sa participation à l'ouvrage par un long poème inspiré sur la violence : "violente absence de mémoire où Marianne baigne sa gloire".

D' de Kabal est né en région parisienne d'une famille antillaise, co-fondateur du groupe de rap Kabal, il s'investit ensuite dans le théâtre avec sa compagnie R.I.P.O.S.T.E. et met en scène des spectacles autour des séquelles de l'esclavage, entre autres sujets. Rappeur et slammeur, il signe six albums. Sous forme de chanson rap, il fait un long monologue sur "les vrais hommes" et "les hommes véritables" en concluant que "si on ne propose pas d'espace pour penser/panser notre masculinité, si nous persistons à nous emmurer dans le silence de notre condition, nous ne parviendrons pas à désamorcer les charges explosives posées un peu partout, dans les rouages de notre système".

Cet ouvrage collectif issu des récentes brutalités policières conduit le lecteur de découvertes en réflexions. En conclusion, pourquoi ne pas citer Johnny Hallyday : "parfois, même la nuit s'en voudrait d'être blanche...". Le chanteur s'était ému de la mort du jeune Michael Brown, abattu en 2014 par la police dans le Missouri.


Raymonde Roman
( Mis en ligne le 26/03/2018 )
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