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Société toboggan
Makoto Yuasa   Contre la pauvreté au Japon
Philippe Picquier 2019 /  20,50 € - 134.28 ffr. / 269 pages
ISBN : 978-2-8097-1382-4
FORMAT : 13,0 cm × 20,5 cm

Rémi Buquet (Traducteur)

Mélanie Hours (Directeur scientifique)

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L’archipel japonais, confronté à une pauvreté massive depuis la défaite de 1945, a su se hisser au rang de deuxième puissance mondiale à une vitesse étonnante. Mais dans cet essai, écrit en 2008 et traduit en 2018 en français, Makoto Yuasa, docteur en sciences politiques et lanceur d’alerte depuis les années 2000, nous démontre que beaucoup de Japonais ont échappé au miracle économique et sont laissés sur le bord de la route.

Dans une société toboggan, il suffit de glisser un peu pour ne pouvoir se raccrocher à rien et être condamné à tomber jusqu’en bas. Ce sont souvent les très nombreux travailleurs non réguliers qui se retrouvent au chômage, avec de grandes difficultés à être retenus par le filet de la sécurité sociale. Il ne reste que le dernier niveau du filet, soit l’aide sociale au travers de la protection vitale ; là, peu de pauvres connaissent leurs droits et les fonctionnaires cherchent à les décourager.

Par ailleurs, le problème est relié à la reproduction intergénérationnelle du malheur par le biais de la chaîne de pauvreté qui existe depuis longtemps, même si elle n’a été médiatisée que récemment. Il est logique que dans cette société toboggan, ne bénéficiant pas d’autre soutien que la famille, les enfants nés dans un foyer pauvre soient fatalement touchés à leur tour par la paupérisation. Selon les critères onusiens, la pauvreté absolue se situe à un dollar/jour. Au Japon, c’est le niveau de la protection vitale qui correspond au seuil officiel de la pauvreté. Les différents services sociaux s’adressant aux citoyens ayant les plus faibles revenus ont des barèmes définis à partir de là.

Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998, a développé le concept de "capacité" (capability) qui est à la fois le capital personnel, social et environnemental propre à chaque individu dans une société. Dans le même sens, Makoto Yuasa emploie le terme japonais de «tame», avec l’idée de réserve, étymologiquement un réservoir d’eau, utile pendant la sécheresse. Avoir une famille, des parents ou des amis sur qui on peut compter est un «tame» d’ordre relationnel. L’argent est aussi un «tame» très important, qui manque à beaucoup de Japonais en situation très précaire et qui glissent vers le bas. Le travail non régulier (intérimaire, journalier ou contractuel) occupe une place prépondérante dans la société et les plus bas revenus en âge d’activité se retrouvent complètement à l’abandon. Les réfugiés des cybercafés, dans lesquels ils paient pour passer quelques heures assis, sont, avec les sans abri dans les rues, le symbole des citoyens exclus des filets de sécurité.

Comme point de départ à la lutte anti exclusion, l’association Moyai, créée en 2001 par l’auteur, suit deux axes principaux : trouver un logement et apporter une garantie solidaire à des personnes SDF ; ensuite écouter en consultation ceux qui ont des difficultés, ceux qui dorment dans la rue, soit 200 foyers supplémentaires par an. Ces consultations ont pour but de recourir, avec un accompagnement, à la protection vitale, en essayant de supprimer les blocages exercés sur ces malheureux par les employés de la sécurité sociale. L’idéal serait le conseil, l’aide et le soutien, une solution aux problèmes du quotidien et du multi-endettement. Il faudrait aussi des soins psycho-médicaux pour sortir de la spirale infernale. Les deux mots-clés sont l’argent et la socialisation. Il faudrait des lieux qui permettent de lutter contre l’isolement et la honte, comme les cafés créés par Moyai pour permettre aux pauvres de se rencontrer, reprendre confiance en eux, de se sentir acceptés, de nouer des liens d’amitié.

Aujourd’hui, personne ne nie plus l’existence de la grande pauvreté au Japon, intégrée à la représentation de la société.


Eliane Mazerm
( Mis en ligne le 04/01/2019 )
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