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De l'actualité du positivisme
Michel Bourdeau   Jean-Francois Braunstein   Annie Petit    collectif   Auguste Comte aujourd'hui
Kimé - Philosophie-épistémologie 2003 /  23 € - 150.65 ffr. / 321 pages
ISBN : 2-84174-315-2
FORMAT : 15x21 cm

Précédé de Michel Houellebecq : Préliminaires au positivisme

Michel Bourdeau collabore à Parutions.com.

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Un colloque international, «Auguste Comte, aujourd’hui», s’est tenu à Cerisy-la-Salle, en Basse-Normandie, du 3 au 10 juillet 2001. Cette rencontre réunissait 26 conférenciers, sociologues, historiens et philosophes. Ce fut l’occasion d’aborder tous les aspects de l’œuvre de Comte : épistémologie, politique et esthétique, et plus généralement, le XIXe siècle. Diverses notions furent étudiées : IIIe République, Dictature, Mémoire, Histoire, Mathématiques, Biologie, Sociologie, Statut de la femme, Religion, Art, Positivisme au Brésil, en Tchécoslovaquie, Positivisme logique, Comte et ses contemporains...

Les actes de ce colloque viennent d’être publiés, en deux parties : la première, chez Kimé, sous la direction d’Annie Petit, Jean-François Braunstein et Michel Bourdeau, avec une préface de Michel Houellebecq, et la seconde, aux Presses Universitaires de Septentrion, dans la Revue d’Histoire des Sciences Humaines (2003,8).

Auguste Comte est marqué par son époque, et ses réflexions sont à replacer dans un contexte historique, politique et social bien précis. Dans Un peu de science pour tout le monde, Claude Allègre commence par la notion d’atome, symbole de la modernité, et en retrace l’histoire. Il en vient à parler des liens entre le mouvement positiviste et les chimistes anti-atomistes sous la IIIe République :
«Ils étaient rationnels, laïques, républicains et positivistes…[…] Les dégâts commis par cette «clique» furent considérables.[…] Ils voulaient fonder une «Religion de la science». En matière de sciences, c’étaient eux la référence. Un républicanisme intransigeant cimentait cela, et c’est ainsi que les dîners républicains se multiplièrent contre «la fausse science» - dîners auxquels participa notamment le jeune normalien Jean Jaurès […] Pourtant, ces gens n’étaient ni stupides, ni ignorants…[…].» Claude Allègre finit par avouer : «Je regrette de n’avoir pas réussi, lorsque j’étais ministre, à faire enlever la statue d’Auguste Comte de la Place de la Sorbonne et à la remplacer par celles de Victor Hugo et Louis Pasteur. Nous nous sommes contentés de lui faire subir une rotation : désormais, il tourne presque le dos à la Sorbonne».

Contrairement à ce qu’affirme M. Allègre, il y a de bonnes raisons de penser que l’œuvre de Comte est un précieux outil de réflexion pour comprendre notre époque. En effet, en tant que fondateur de la sociologie, Comte cherchait à comprendre le «collectif», à analyser de manière scientifique son fonctionnement, ceci afin de remédier aux maux du corps social. Comte avait trouvé la spécificité de la réalité sociale : celle-ci n’est pas décomposable en individus. Un agrégat d’individus ne peut suffire pour former une société, laquelle ne peut fonctionner sans un lien organique qui relie les individus en un «tout» supérieur. La société est une association entre les hommes qui doit dépasser les intérêts particuliers des individus.

"La décomposition de l'humanité en individus proprement dits ne constitue qu'une analyse anarchique, autant irrationnelle qu'immorale, qui tend à dissoudre l'existence sociale au lieu de l'expliquer, puisqu'elle ne devient applicable que quand l'association cesse. Elle est aussi vicieuse en sociologie que le serait, en biologie, la décomposition chimique de l'individu lui-même en molécules irréductibles, dont la séparation n'a jamais lieu pendant la vie.» (Système de politique positive, Tome II, chap.III).

Le positivisme nous rappelle ainsi que les notions d’humanité, de collectivité et de corps social ne sont pas «démodées» mais constituent la base de toute réflexion sur le politique.


Aurélia Giusti
( Mis en ligne le 17/03/2004 )
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