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Bande dessinée  ->  Humour  
 

La vie en rose et vert
Luc Cromheeke    Letzer   Plunk (n°2) - 100% pure plunk !
Dupuis 2008 /  9.20 € - 60.26 ffr. / 48 pages
ISBN : 978-2-8001-40407
FORMAT : 22x30
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Revoilà Plunk, l’anti-héros délirant de Cromheeke et Letzer qui vit des aventures abracadabrantes, la plupart au format gag. C’est toujours une bonne nouvelle.
Une nouvelle fois, on passe d’une planche à l’autre sans transition, sans explication. De Plunk braqueur de banque à Plunk amateur d’art, les situations se suivent et ne se ressemblent pas. Letzer ne cherche pas la logique au-delà de ses besoins pour le gag. S’il lui faut un bureau et une fourmi, voilà Plunk installé au milieu d’un champ avec tout le confort moderne.
Pour peu qu’on apprécie l’humour absurde, Plunk se pose là. Parfois le gag fait flop. Mais quand il fait mouche, en introduisant une logique sous-jacente, qui vient miner l’absurde constant de l’univers, il mérite un bel éclat de rire.

Ce deuxième tome revisite quelques références en matière d’humour dessiné. Le personnage principal rappelle déjà les Schtroumpfs (pour le costume), Droopy (pour son air perpétuellement dépité) et Gaston Lagaffe (pour son ingénieuse malchance). Il évoque en outre ici Superman, et même Kid Paddle et son avatar Game Over, avec un jeu vidéo – piège qui s’achève par un échec inévitable. Mais on retrouve aussi pêle-mêle les thèmes classiques du dessin d’humour, le savant fou, la peau de banane ou le clou à planter dans le mur ; Cromheeke et Letzer s’arrangent alors toujours pour tirer le gag vers un terrain où ne l’attendait pas. Leur cliché de prédilection est ici l’île déserte, dont on peut lire sept variations (et deux illustrations) : Plunk, perdu entre un cocotier et un bon mètre carré de sable, voit débarquer sur son îlot des caisses étranges probablement issues de naufrages. Et d’y trouver le moteur de hors-bord, la baguette de sourcier ou la tronçonneuse qui pourra, ou pas, arranger ses affaires.

Le plus amusant dans cette série tient au rapport qu’elle entretient avec elle-même. Dans le premier recueil, on découvrait un créateur (imaginaire) du Plunk fantasmant sur le succès de son personnage, avant de se réveiller dans un grenier au toit troué. Dans ce second volume, le même créateur, parvenu au pinacle de la gloire et du succès, cauchemarde sur un brusque désaveu populaire, et se réveille soulagé alors qu’un sculpteur achève sa statue.
Cette ironie est constante, le personnage du créateur étant le seul à pouvoir prétendre à un second rôle. On peut en permanence lire entre les lignes la présence d’un dieu omnipotent dans les aventures du Plunk, une bonne âme qui lui envoie des caisses sur son île déserte, ou un farceur qui met deux fois sur son chemin une machine à remonter le temps. On pourrait croire que tout est simple, en tous cas rien n’est dramatique, il suffit juste de savoir exploiter les occasions qui se présentent.

Le Plunk devient un objet, un concept, dans l’imagination de ses créateurs, sous la forme d’un gigantesque ancêtre sous la glace, ou d’un mannequin gonflable, voire d’un paquet de lessive. Portrait d’un art qui se transforme en produit économique. Plunk est entièrement muet, avec des titres assez internationaux pour se vendre sans traduction dans tout l’espace franco-belge. Il n’est pas étonnant que sa personnalité soit des plus minimes. Finalement, seules quelques formes et les couleurs vertes et roses attestent de sa solidité.
Cromheeke, au dessin, choisit toujours les clichés les plus vétustes, les petites filles à couette et les artistes avec béret. Il réalise un monde improbable, qui ne se rattache plus en rien à l’impression de réalité, mais consiste en une énième variation sur un humour travaillé par les siècles.
Le moins surprenant n’est pas de constater à quel point ça fonctionne autant.


Clément Lemoine
( Mis en ligne le 25/02/2008 )
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