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Tapadiballe
Alain Pacadis   Nightclubbing - Articles 1973-1986
Denoël - X-Treme 2005 /  28 € - 183.4 ffr. / 836 pages
ISBN : 2-207-25538-7
FORMAT : 15x23 cm
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Chroniqueur mondain, noctambule impénitent, accro à de nombreuses substances illicites mais néanmoins observateur lucide de tous les courants musicaux ayant traversé les années soixante-dix et quatre-vingt, Alain Pacadis a marqué de son étrange empreinte ces décennies de sa présence lunaire, squattant les plus célèbres clubs de Paris, côtoyant les plus grandes stars, fauché comme les blés – les habitués du Palace l’avaient surnommé «Tapadiballe»…

Nightclubbing compile de très nombreux articles écrits entre 1973 et 1986, pour L’Echo des Savanes, Gai Pied, Playboy, et surtout Libération, auquel son nom reste aujourd’hui attaché. Ces chroniques permettent de mieux comprendre ce que fut la folie incontrôlée de cette douzaine d’années, celles du Palace, des Rolling Stones, de la cocaïne et du joyeux mélange entre la jet-set et les clubbeurs, avant l’explosion du sida et le cloisonnement des lieux de fête parisiens.

Les trois parties divisant l’ouvrage («Les années rock», «Les années nightclubbing», «Les années show-biz») permettent de cerner l’évolution de Pacadis : d’abord fasciné par le rock’n’roll puis le punk, vecteurs de révolte sociale et de menace envers l’ordre établi, il ressent un véritable choc avec l’ouverture du Palace, la mythique boîte de Fabrice Emaer en mars 1978 : à partir de cette date, la disco puis les musiques électroniques remplacent les festivals boueux du début des seventies, les chroniques musicales disparaissent au profit de longs entretiens avec William Burroughs, Serge Gainsbourg, Andy Warhol.
La période 1978–1983 est la plus intéressante : Pacadis y a vécu quasiment en permanence au Palace, entre deux beuveries et trois déceptions amoureuses, naviguant de nuit entre les lieux les plus survoltés du moment, y croisant les figures de l’underground mythique qu’il affectionnait particulièrement : le cinéaste Philippe Garrel, Maria Schneider, Paquita Paquin, diverses reines de la nuit plus ou moins éphémères, et surtout l’actrice Tina Aumont, avec qui il forme un duo infernal s’incrustant dans toutes les fêtes, menant grand train et vandalisant les hôtels cannois lors d’une virée nocturne particulièrement chargée.

Au-delà du folklore, du personnage décalé hantant les soirées et se faisant successivement héberger par tous ses proches, toujours à deux doigts de la débâcle financière la plus complète, la solitude et le mal-être d’Alain Pacadis sont de plus en plus visibles au fil des ans. Ses chroniques, écrites de manière de plus en plus désinvolte, laissent entrevoir le mélange des genres propres aux années quatre-vingt, où politiques, présentateurs télé et stars du grand écran se côtoient joyeusement sans aucune distinction de valeur. Aux entretiens pointus avec des noms prestigieux succèdent des interviews désabusées de Stéphanie de Monaco, Bernard Lavilliers ou encore Daniel Guichard… La décontraction extrême de Pacadis permet néanmoins de tomber sur quelques perles, comme ces déclarations de Thierry Le Luron, particulièrement «ouvert» à toute expérience et rétif aux leçons de morale en matière de mœurs.

Derrière ces transformations, c’est l’esprit des seventies qui disparaît peu à peu : la mort des proches, comme Fabrice Emaer, l’apparition du sida, la banalisation des fêtes entraînent Alain Pacadis vers un désenchantement de plus en plus palpable. Se foutant de tout, et particulièrement de sa propre mort, il glisse vers la précarité, malgré son décrochage de la dope. Assassiné en décembre 1986 par son amant, il laisse derrière lui ces chroniques, véritable guide déjanté et déstructuré des années punk – disco.

Champagne !!!


Guillaume Blanco
( Mis en ligne le 20/04/2005 )
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