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50 nuances de brun
Lionel Duroy   Eugenia
Julliard 2018 /  21 € - 137.55 ffr. / 487 pages
ISBN : 978-2-260-03000-3
FORMAT : 14,0 cm × 22,5 cm
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Lionel Duroy quitte le territoire du récit intimiste pour une fresque historique ambitieuse : en quelque 500 pages, il nous plonge dans la Roumanie des années 30 et 40, la montée et l'éparpillement des fascismes, et l'itinéraire de l'observatrice éponyme, personnage romanesque servant la restitution d'une réalité.

Tout est parti du Journal de l'écrivain roumain Mikhail Sebastian – mémoires dévorés par Duroy – et de sa mort accidentelle en mai 1945. Mentor, ami, amant d'Eugenia Radulescu, il sert d'autre fil conducteur au récit, l'itinéraire littéraire contrarié d'un juif d'Europe ayant mal évalué la montée des périls et l’imbroglio humain qu'ils ont provoqué.

Un imbroglio qui larde et étouffe la famille d'Eugenia elle-même, dont l'un des frères, Stefan, incarne le péril fasciste roumain ; fasciné par Codreanu et sa Garde de Fer (Mircea Eliade est cité, souvent, et à juste titre... Voir à ce sujet Cioran, Eliade, Ionesco - L'oubli du fascisme d'Alexandra Laignel-Lavastine - PUF, 2002), il se rapproche ensuite des cercles nazis. Andrei, l'autre frère, servira dans l'armée durant la guerre, petit bourgeois loyaliste et patriote à l'image de parents qui traversent ces années hébétés, Roumains moyens, honnêtes, prudents, craintifs, d'un brun... pâle qui est brun quand même. Eugenia, elle, incarne le choix du rouge, sous la tutelle d'une universitaire admirée, le choix de la résistance aussi, quand celle-ci s'impose.

L'un des passages les plus saisissants du roman : le compte rendu de l'horreur par une Eugenia devenue journaliste, d'un journalisme moins mondain et opportuniste que celui de Malaparte qu'elle croise sur place, sur les massacres de Jassy, sa ville natale, pogrom spontané qui ensanglante la cité et la vide de ses Juifs. Un tableau vivant, vif et morbide de la banalité du Mal. «On aurait dit que la ville flottait dans des habits trop grands, voilà, c'est l'image qui m'était venue», constate Eugenia à la Libération...

Roman historique, humaniste, moral, Eugenia embrasse peut-être trop : la reconstitution historique – riche et passionnante – prend parfois le pas – en mode manuel universitaire – sur le propos littéraire et la psychologie des personnages. On y (re)découvre une Roumanie au diapason de l'Europe occidentale : le pays du Général Antonescu n'a rien à envier en horreur, complexité et beauté au reste du continent.

50 nuances de bruns nous sont dépeintes, teintes familières formant aujourd'hui à nouveau d'inquiétants camaïeux, en Europe encore, en Russie, en Amérique... Est-ce aussi cela que Lionel Duroy veut nous dire ?...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 21/03/2018 )
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  • Cioran, Eliade, Ionesco - L'oubli du fascisme
       de Alexandra Laignel-Lavastine
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