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Mots et maux
Delphine de Vigan   Un soir de décembre
Le Livre de Poche 2018 /  6.90 € - 45.2 ffr. / 192 pages
ISBN : 978-2-253-07099-3
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première parution : JC Lattès (août 2005)

Prix Saint Valentin 2006.

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La plume est suave et triste, elle suit un homme qui, lui aussi, est un être de plume et d'encre, perdu dans la précipitation du temps, alors que ressurgit, à l'occasion d'une lettre, d'une seconde, et d'autres encore, un amour vieux de dix ans, qui s'appelle Sara...

Ecrivain à succès, Matthieu est père de famille, époux d'Elise, père de deux enfants. Conjoint lambda pris du démon littéraire, célèbre pour ça, maudit pour ça aussi, à moins que ce ne soit parce qu'il est homme et que la plume n'est pas le seul appendice qui le taraude, le menant par le bout du nez. Homme, l'écrivain, semble dire Delphine de Vigan, est faible dans sa chair d'homme, chair qui le conduit à trahir sa famille au nom d'un souvenir à peine ressuscité par quelques courriers...

Sara s'est arrêtée de vivre le jour où Matthieu a fait le choix de sa famille : «Peu importe le temps qui passe, je ne porte plus de montre depuis que j'ai jeté la mienne, un soir de décembre, dans une bouche d'égout», lui écrit-elle dans ces lettres, cherchant moins les retrouvailles que, au contraire, l'exorcisme de ce temps trop longtemps perdu. Ces mots ont sur Matthieu l'effet inverse : le ramenant à l'époque de ce petit badinage, ils donnent à ce dernier une épaisseur sans doute inédite qui, chacun son tour, met Matthieu en pause... Et l'envie d'écrire s'étiole, et le goût des siens s'en va. Matthieu paye à rebours le mal qu'il a fait à Sara, comme par dette karmique...

Voici donc un roman «féminin», à savourer pour les mots et le style moins que par cette peinture somme toute sincère du mal être fait homme et deviné par une femme. Car on comprend Matthieu dans le souvenir, Sara dans la peine, Elise dans le renoncement... On est eux, très banalement. Et l'on aimera le roman pour cette banalité même, joliment dite, et clamant aussi pudiquement ce qu'écrire veut dire et implique : «Car le livre n'était rien d'autre qu'une partie de son corps, amputée, vivante, et criait comme un enfant qu'il eût tardé à reconnaître, un enfant abandonné dont le sang d'encre charriait son empreinte». Noblesse de l'écrivain oblige...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 21/12/2018 )
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