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La comédie du pouvoir
Patrick Rambaud   François Le Petit
Le Livre de Poche 2017 /  7,10 € - 46.51 ffr. / 224 pages
ISBN : 978-2-253-18629-8
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première publication en janvier 2016 (Grasset)
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Dédié à «MM. Cabu et Wolinski, vieux complices», François le Petit, chronique d'un règne, s'il s'inscrit dans la suite des six chroniques de Nicolas I et dans l'esprit de Saint-Simon, est beaucoup plus sombre. Les temps s'y prêtent et les dernières pages du livre - «Conclusion provisoire de la première moitié du règne de François-Le-Petit, www.crétins.fr» - n'incitent guère à l'optimisme ; le livre se conclut sur «À suivre ? Hélas !».

Des crétins (d'après une définition d'Ambrose Bierce, dans son Dictionnaire du diable) qui forment une famille nombreuse que l'auteur répertorie : «crétins wahhabite, crétin rentable, crétin maléfique, crétin croyant, crétin tueur, crétin marionnette, crétins locaux, crétins enrôlés»... Une liste non exhaustive et qui inquiète d'autant plus qu'elle se déroule à la suite de 213 pages consacrées à des années affligeantes, du printemps 2012 à janvier 2015.

Dès sa première phrase, l'auteur avertit son lecteur : «Je raconte ici l'histoire d'un petit nombre d'hommes qui, poussés par les événements, ne se hissaient point à leur portée». Et il s'interroge : «Est-ce la chronique d'une tragi-comédie ? Est-ce un requiem qui chante en lamento le naufrage d'un monde politique professionnel ?». Au lecteur de décider... Certes le propos n'est pas drôle, voire même inquiétant, et rejoint tant d'analyses que d'aucuns écartent avec mépris comme «déclinistes», néanmoins le livre reste alerte.

Patrick Rambaud sait attraper le trait, saisir le ridicule là où il se niche. Toute une galerie défile ainsi, qui remplace Nicolas-le-Mauvais et sa cour : la marquise de Pompatweet, les ducs de Meaux, de Nantes, d'Evry, le connétable de Montebourg, le jeune comte Macron, l'abbé Wauquiez, Mlle. De Montretout. Y passent Cahuzac ci-devant duc de Villeneuve et son «gros mensonge», Léonarda, «reine des Romanichels». Gouvernement et cabinets peuplés d'énarques : «Cloisonnés frileusement, groupés entre eux et se reconnaissant comme les membres d'une secte, la plupart des énarques ne savaient guère écouter, ne l'ayant jamais appris».

On retrouve des moments oubliés, Patrick Rambaud est bien informé et sait frapper juste. Trois ans de vie politique passent ainsi : élections municipales, remaniement ministériel, intervention au Mali, pour terminer sur les tragiques attentats de janvier 2015. Le duel féminin aux élections municipales parisiennes donne lieu à des morceaux de bravoure, ainsi la description au vitriol de la duchesse de Longjumeau : «sa parfaite méconnaissance des problèmes humains (...)», qui «ose des safaris de découverte» lors de sa campagne électorale pour conquérir Paris ; «Une fois, elle consentit à visiter le métro, un peu comme un enfant découvre le parc zoologique quand le lion ébouriffe sa crinière».

Présent à chaque page ou presque, compte tenu de sa situation, sa Majesté François IV y gagne une collection de surnoms peu flatteurs qui définissent tour à tour ses positions : François-le-Sourdingue, François-le-Flou, François-le-Flambeur, François-l'Élégant, François-le-Roublard, François-l'Hésitant, François-l'Atterré, François-le-Parano, François-le-Mou, François-le-Myope, etc. Il y en a autant à l'intention de Nicolas : le mauvais, le considérable, le furtif, le piaffant, le démoli... Peu échappent à ce jeu de massacre, à une exception près : «Le conseiller Macron luisait comme une étrange étoile dans la nuit d'un gouvernement d'incultes»...

Nul n'est épargné, ni la gauche au pouvoir ni l'opposition, et de cette chronique sans illusion, le lecteur ressort instruit d'une amère vérité : la médiocrité remarquable de la vie politique actuelle. Jugement sévère qui fera crier au populisme, ce qui évite de s'interroger davantage. Aux acteurs de répondre par des actes qui démentent la caricature...


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 03/04/2017 )
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