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Pensées et visions critiques
Jules Barbey d'Aurevilly   Barbey d'Aurevilly journaliste - Articles et chroniques
Flammarion - Garnier Flammarion 2016 /  12,50 € - 81.88 ffr. / 434 pages
ISBN : 978-2-08-126622-3
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Pierre Glaudes (Préfacier)
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Garnier Flammarion propose depuis quelques années des anthologies sur le travail de journalisme des grands écrivains du XIXe siècle. Balzac, Baudelaire, Gautier, Hugo, Zola et maintenant Barbey d’Aurevilly (1808-1889) font partie de cette collection originale. Il est assez intéressant de découvrir l’œuvre critique de ces auteurs (surtout des romanciers) et le contexte littéraire dans lequel ils évoluaient. Les polémiques, les louanges, les critiques violentes, les coups bas, les éloges, les best-sellers constituaient des enjeux artistiques et journalistiques de l’époque. On s’en doutait mais il est cocasse de revenir deux siècles en arrière pour voir que rien n’a vraiment changé ! Barbey détruit Hugo et Zola avec méchanceté et intelligence alors que ce sont deux monuments de la littérature française.

L’œuvre de Barbey d’Aurevilly est puissante. Des romans et nouvelles (Le Chevaliers Des Touches, Un prête marié, Les Diaboliques), des essais (Du Dandysme et de Georges Brummel), un journal intime (Memoranda) composent cette œuvre littéraire exigeante et quelque peu gothique. Son style très feutré a fait la marque de cet écrivain doué et chaleureux. Va-t-on le retrouver dans ses pages ? Barbey était un dandy solitaire, libertin et réactionnaire, en rejet profond avec la modernité et l’idée de progrès technique voire social. Les articles sélectionnés vont effectivement dans ce sens. Le style romanesque en moins, évidemment : écrire dans un journal était avant tout un moyen de gagner de l’argent.

Barbey a publié plus de 1000 papiers durant cinquante ans, dans des journaux aussi variés que Le Nouvelliste, Le Moniteur de la mode, L’Opinion publique, La Mode, Le Pays, Le Réveil, Le Nain jaune, L’Eclair, La Veilleuse, Le Constitutionnel, Le Triboulet, journaux anciens tous disparus aujourd’hui. Pierre Glaudes, qui a préparé cette anthologie, a mis en lumière des critiques purement littéraires (sur Hugo, Stendhal, Zola, Sand, Lamartine, De Maistre, Balzac, Baudelaire, Flaubert, Furetière), des analyses plus générales sur certains livres importants de l’époque (Christophe Colomb de Roselly de Lorgues, l\'Histoire de la révolution française de Thomas Carlyle), ou encore des critiques plus sociales et politiques.

Si Barbey loue les talents de Stendhal, Balzac et Baudelaire de manière totale, il reste sceptique sur Flaubert, et demeure sans pitié pour Hugo et Zola. Il serait trop long de rentrer dans les détails d’analyses d’œuvres (Madame Bovary, L’Assommoir, Ruy Blas) ; disons que Barbey refuse assez frontalement le naturalisme et se moque de la mode de l’occultisme tant représentée (et souvent de façon totalement ridicule) par l’auteur des Misérables (roman qu’il assassine !). A ce sujet, on conseille la lecture du XIXe siècle à travers les âges de Philippe Muray, œuvre magistrale sur l’occultisme dans la littérature française de l\'époque. Si le Barbey critique s’attarde sur des détails stylistiques et refuse certaines esthétiques (il ne veut pas connaître la vie des bouseux dans L’Assommoir car il trouve vulgaire et trop bas de décrire à ce point la saleté !), on ne peut pas dire que ses articles soient ceux d’un journaliste, plutôt les propos d’un artiste dont les goûts - Furetière, De Maistre, Balzac - restent affirmés. Il faut rappeler que ses chroniques étaient un gagne pain très intéressant à une époque où les journaux se vendaient énormément.

Du coup, cette lecture (quelque peu passée de mode évidemment) ne surprend pas beaucoup, parfois lasse et n’est pas facile d’accès. Le romancier nous manque ici au profit d’un critique courageux certes, mais parfois dépassé par quelques maniaqueries propres à sa nature. Ce qui n’excuse en rien les censures dont il a été l’objet…


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 29/02/2016 )
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