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Skateboarding à l’hosto
Mathias Malzieu   Journal d’un vampire en pyjama - Suivi de Carnet de board
Le Livre de Poche 2017 /  7.90 € - 51.75 ffr. / 316 pages
ISBN : 978-2-253-13208-0
FORMAT : 10,9 cm × 17,8 cm

Première publication en janvier 2016 (Albin Michel)

L'auteur du compte rendu : Arnaud Genon est docteur en littérature française. Il enseigne actuellement les lettres et la philosophie en Allemagne, à l'Ecole Européenne de Karlsruhe. Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University), il a notamment publié Hervé Guibert, l'écriture photographique ou le miroir de soi (en collaboration avec Jean-Pierre Boulé, PUL, 2015) et Lisières de l'autofiction. Enjeux géographiques, artistiques et politiques (direction avec I. Grell, PUL, 2016). Il a cofondé les sites herveguibert.net et autofiction.org.

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Depuis plusieurs années, Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos, compositeur, écrivain et réalisateur (Jack et la Mécanique du coeur), a crée un univers fantastico-onirique des plus singuliers. Dans son monde où l'on joue du rock sur un skateboard, les géants aux jambes d'accordéon côtoient les fées, les cascadeurs croisent des femmes oiseaux, les détectives sont assistés par des perroquets...

Mais cette petite communauté imaginaire si attachante a bien failli disparaître lorsque l'auteur apprend, fin 2013, qu'il est atteint par une hémopathie, l'aplasie médullaire, qui le prive progressivement de ses globules blancs, rouges et de ses plaquettes. Le voilà obligé de vivre du sang des autres par l'intermédiaire de multiples transfusions sanguines hebdomadaires. S'ensuit une longue hospitalisation en chambre stérile et enfin, une greffe. Ce «bug biologique» fait alors de l'écrivain un «vampire en pyjama» qui décide de tenir la chronique de sa descente aux enfers, puis de sa résurrection, dans un journal intime où naviguent ses héros, ses amis, son amour, ses doutes et ses peurs.

Journal d'un vampire en pyjama, c'est un peu la rencontre de Cytomégalovirus, le journal d'hospitalisation qu'avait tenu Hervé Guibert à la fin de sa vie (Seuil, 1992), avec l'univers de Tim Burton, du Boris Vian de L’Écume des jours, de la poésie de Walt Whitman, du Far West et des super-héros. Un cocktail original qui prend pour l'auteur une tournure existentielle et vitale. C'est dans la création, dans l'art qu'il trouve un refuge et la force d'affronter la maladie, même si pour une fois, il n'a pas eu besoin de faire preuve d'imagination : «Là, il m'est arrivé une histoire tellement extraordinaire qu'il ne fallait pas inventer mais juste être comme un petit journaliste reporter de sa propre histoire» (sur Europe 1, voir lien ci-dessous).

Mathias Malzieu fait de sa terrible expérience, de sa rencontre avec celle qu'il nomme Dame Oclès, un texte bouleversant et léger, sombre et lumineux. L'écrivain se voit mourir et renaître, slalome en skate entre les pièges tendus par son mal, convoque ses personnages pour le soutenir. Mais cette fois, il avance seul : «Pour la première fois, je n'ai pas mis de filtre. D'habitude, j'utilise des masques, façon Commedia dell'arte» (voir lien ci-dessous). Seul et nu, sans déguisement. La mort ne trompe pas, on ne la trompe pas. On ne joue pas avec elle comme on joue avec les mots. Mathias Malzieu l'a bien compris. «[...] Rien ne sera plus jamais comme avant. Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue», écrit-il. Le lecteur ne peut en être que convaincu, qui sortira ému de ce journal et probablement aussi, changé à son tour...


Arnaud Genon
( Mis en ligne le 13/12/2017 )
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Ailleurs sur le web :
  • Dionysos : ''J'avais besoin du sang des autres’', le 23 janvier 2016, Europe 1
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