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Desperately bored housewife
Evan S Connell   Mrs Bridge
10/18 2017 /  7,80 € - 51.09 ffr. / 312 pages
ISBN : 978-2-264-06984-9
FORMAT : 10,9 cm × 18,0 cm

Première publication française en janvier 2016 (Belfond - Vintage)

Clément Leclerc et Chloé Royer (Traduction)

Joshua Ferris (Préfacier)


Voir aussi : Evan S Connell, Mr. Bridge, 10/18, Juillet 2017, 432 p., 8,40€, ISBN : 978-2-264-06961-0
Philippe Safavi et Laurence Richard (Traduction)
Lionel Shriver (Préfacier)

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Mr et Mrs Bridge, un couple installé, presque une institution de la bonne société de Kansas City dans les années 20 : une belle demeure, du personnel, des enfants bien élevés, des amis d'un même rang social et une carte de membre dans tous les bons clubs de la ville. La bonne bourgeoisie, avec ses valeurs solidement ancrées - tempérance, travail, ordre et autorité - et ses petits vices - un peu d'alcool de contrebande pendant la prohibition, ses principes... Un monde bien ordonné, parfaitement rangé, où les choses et les gens doivent être à leur place et que même la guerre n'ébranle pas trop. Un monde où la couleur de peau, la religion (ou l'athéisme), les croyances politiques ou le milieu social sont autant de barrières entre les hommes. Une Amérique conservatrice, figée dans ses convictions et qu'il est bien difficile de bousculer, au risque de provoquer une bonne grosse crise existentielle.

C'est le drame d'India Bridge... Toute jeune, India est devenue Mrs Bridge, épouse d'un avocat prometteur, travailleur acharné, mari dévoué... et absentéiste. Alors, certes, il y a des choses à faire : les enfants à élever, les voisines à visiter, le centre commercial à arpenter, le personnel à commander... Et le temps passe. Et l'ennui s'installe, à peine rompu par quelques rencontres, quelques lubies, quelques courses. Et dans la monotonie des jours, des bombes éclatent : une voisine socialiste et athée, amatrice d'art éclairée et dépressive, un enfant brutal et surdoué, une fille qui divorce, une autre qui part vivre sa vie. Mrs Bridge erre dans les paysages de la déprime, tel un Titanic en quête de son iceberg. Heureusement, il y a Walter, son mari, bardé de certitudes et dédié au bien de sa famille... un mélange de finesse, d'analyse et de mépris social, une incarnation du patriarche presque tout droit sorti du code civil napoléonien... un avocat plutôt qu'un poète : était-ce vraiment ce qu'il fallait à Mrs Bridge pour se réaliser ?

Mrs Bridge et Mr Bridge (dans l'ordre de parution) est un superbe diptyque, un voyage dans une Amérique disparue, intemporelle, une version calme et policée de Babbitt. On suit les vies de Mr et Mme Bridge, chaque volume déroulant une existence au rythme de ses grands et petits événements, ses rencontres, ses joies et ses drames. Ici, les dépressions se font en silence, les crises se vivent muettes, les explosions sont des implosions, et le monde extérieur ne peut que vaciller mais pas s'écrouler. Dans un style sobre et subtil, qui manie formidablement la litote et l'allusion, Evan S Connell restitue des vies à la fois simples et profondes, où chaque nuance, chaque inflexion des sentiments se prête à une anecdote, une pensée. Les chapitres sont extrêmement courts et déroulent, en parallèle, deux existences à la fois banales et complexes, deux êtres qui s'aiment tout en passant l'un à côté de l'autre sans presque se voir, deux victimes de la solitude et d'une société dont les diktats sont déjà pesants. Chacun se heurte, de diverses manières, à la réalité, et choisit de ne pas la voir.

Une lecture magnifique, de la grande littérature américaine, avec cet effet de double regard qui donne tout son charme au roman.


Gilles Ferragu
( Mis en ligne le 07/07/2017 )
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