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Classique moderne
Sylvain Tesson   Une très légère oscillation - Journal 2014-2017
Equateurs (Edition des) 2017 /  19 € - 124.45 ffr. / 230 pages
ISBN : 978-2-84990-495-4
FORMAT : 14,1 cm × 20,6 cm
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Sylvain Tesson (né en 1972) fait partie de ces écrivains que l’on a plaisir à lire à chaque parution car sa posture n’est pas trompeuse. L'homme voue sa vie à la littérature et ne triche pas avec sa production. Dans la lignée des écrivains voyageurs, son œuvre est un précis de classicisme assumé dans un monde moderne qui ne le rebute pas totalement. Citons Dans les forêts de Sibérie, S'abandonner à vivre, Berezina, Sur les chemins noirs, pour la plupart des récits de voyages agrémentés de réflexions sur l’époque et des rencontres avec les êtres qui la composent. Avec ce dernier opus, nous ne sommes pas loin de ce registre quoi que sous forme de journal (nous dirions Carnets plutôt, l'écriture pratiquée ici par Tesson s’y prêtant tout à fait).

Amateurs de pages intimes (De Benjamin Constant à Philippe Muray en passant par Eugène Dabit), passez votre chemin ; il n’y aura rien en terme d’introspection et de narration d’événements singuliers propres à la vie de l'auteur. Amateurs de chemins de traverse (De Jack London à Sylvain Tesson en passant par Maxime Du Camp), vous pourrez effectivement tourner la page ! Car Tesson s'emploie ici à raconter ses aventures à travers le monde (de Marseille à Shanghai en passant par Bangui), ses voyages donc, parsemés là encore de réflexions sur l’actualité, la littérature et la modernité technologique et socio-économique qu'il étrille en passant.

Empreint de classicisme (on pourrait presque le taxer de réactionnaire), Tesson est un sportif contemplatif qui aime l’alcool et le tabac tout autant que l’alpinisme et l’archéologie (drôle de cocktail). Il est presque énervant de lire un écrivain qui parcourt le monde avec une telle simplicité (se retrouvant dans des mines à 150 mètres de profondeur ou en haut d’un col insurmontable) et qui disserte en même temps sur la mélancolie d’un paysage printanier de campagne. Parallèlement, le monde, tel qu’il devient, lui déplait (notamment le numérique et l’islamisme). Il ne s’en cache pas et nous révèle des prises de position qui le placent entre Richard Millet et Bernard Henri-Levy ; c’est dire l’arrachement littéraire ! L’actualité est traversée par les attentats parisiens et cette guerre atroce qui détruit des populations entières. L’auteur divague sur ces faits contemporains et disserte sur leurs effets catastrophiques. Dans des carnets, l’approche est souvent elliptique bien que parfois très concrète. Il faudra donc puiser çà et là les réflexions pertinentes ; le tout d'un style qu'il travaille pour le rendre à la fois construit et aisé.

Reste que si l’auteur berce et accompagne son lecteur avec passion (l’homme est fin lettré et loin d’être idiot), il se perd parfois dans le cliché esthétique («le visage est le paysage de l’âme») ou l’aphorisme de trop («Regarder la télé comme si le monde s’était éteint»). Si ce journal n’en est pas un (rien sur la vie intime de l’auteur), il n’en reste pas moins qu’il est traversé par un accident survenu à Chamonix alors que Tesson escaladait le toit de sa maison. Bien alcoolisé, il rata une marche et fit une chute de dix mètres sur le sol. Comas, paralysie, l’auteur raconte pudiquement sa renaissance à l’hôpital de la Pitié. Il reprit assez rapidement les chemins de traverse bien que diminué par la paralysie. L’écrivain, le personnage et l’aventurier se confondent. Tesson propose des récits souvent passionnants où se mêlent également la beauté d’un paysage et la saveur d’une rencontre.

Une très légère oscillation est donc de bonne facture même si l’on préférerait un Sylvain Tesson moins éparpillé et plus précis dans son approche esthétique. Mais c’est aussi la règle du genre.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 16/06/2017 )
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