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Where Are We Now ?
Sonia David   David Bowie n'est pas mort
Robert Laffont 2017 /  17 € - 111.35 ffr. / 180 pages
ISBN : 978-2-221-20028-5
FORMAT : 13,6 cm × 21,5 cm
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Sonia Rachline alias Sonia David, journaliste, notamment pour Vogue, nous présente son deuxième roman. Le premier, Les Petits succès sont un désastre évoque la responsabilité de l'écrivain ; celui-ci est une réflexion autour des morts et des vivants.

Chapitre un : premier jour (22 au 27 mai 2015). "Ma connasse de mère"... Hélène qualifie ainsi sa mère, se donnant le droit de ne pas l'aimer. Elle, Anne et Émilie - les deux autres sœurs – ont "l'habitude d'en dire du mal" sauf épisodiquement lors d'une appendicite ou d'un cancer du sein ; là, elles peuvent reprendre leurs rôles de fille et, elle, cette mère "couperet", "n'a alors pas la force de contenir son amour maternel".

"Elle n'était ni malade ni franchement âgée, mais ni une ni deux, elle fait un AVC et meurt". Un seul être vous manque et soudain tout se repeuple, la famille, les amis, les vagues connaissances... Oui, soudain ça grouille de vie, de souvenirs, de petits riens et de grandes déclarations. Il faut donc bien un jour qui en dure cinq, passées les formalités administratives pour digérer cette nouvelle donne. Les trois sœurs, la cinquantaine, se retrouvent dans l'antre de leur mère, dans le 10ème arrondissement, boboland d'une artiste narcissique, à farfouiller, à ranger, à sentir, à se partager quelques bijoux fantaisies mais aussi à retrouver leur enfance car pour tout enfant, la maman, c'est l'enfance.

Chapitre deux : Deuxième jour (2 au 11 mai 2016). Le père a la mauvaise idée de mourir un an après, se reléguant à un second chagrin, un chagrin qui a le second rôle dans ce film de la vie. Il faut dire que quarante ans plus tôt, il est parti avec la jeune fille au pair, Kristin et son protestantisme norvégien, avec qui il a eut une enfant, encore une fille, Julie, actuellement la quarantaine, urgentiste sans doute parce que papa est un malade "inmourable". Hélène dit de son père : "papa est ma mère juive (...) j'ai choyé mon attachement à papa autant que mes exaspérations à maman". Mais ce père vivant dans le 16ème, grand train, se révèle criblé de dettes.

Découverte très problématique car Kristin se retrouve dans la panade, les quatre sœurs en fait - ah non, trois à nouveau car l'aînée Anne a décidé "qu'elle ne veut plus connaître cet homme". Qu'il a été long de vider avant saisie sa bibliothèque, des milliers d'ouvrages sur la question juive. La journée a donc duré neufs jours car émotionnellement cela n'était pas différent mais administrativement plus éprouvant. La mort du père se situe dans l'adolescence, un enfant veut ressembler à son père, le papa, c'est l'identité.

Chapitre trois : troisième jour (11 janvier 2016 - …). David Bowie est mort, et cela fait fondre en larmes Hélène, ce qu'elle n'a pas fait ou pas écrit lors de la mort de sa mère ou de son père, midinette complètement accro aux schémas traditionnels. David Bowie pour Hélène, c'est une résurgence du passé, une madeleine anglaise, une connivence avec sa sœur aînée. Mais David Bowie n'est pas mort, tous les journaux de ce 11 janvier 2016 l'affirmaient ; et si David Bowie n'est pas mort car il laisse une œuvre originale, que dire d'une mère qui en laisse trois et d'un père qui en laisse quatre ? Et si David Bowie n'est pas mort, pourquoi les parents le seraient-t'ils ? La mémoire familiale vaut autant que la collective, les hommes peuvent bien mourir mais jamais ils ne disparaissent. David Bowie, c'est un référent lunaire, extravagant, celui qui fout le bordel. David Bowie, c'est l'âge adulte, celui dans lequel on assume ses choix.

Hélène est-elle Sonia ? Sonia dédie son livre à ses sœurs ; ce roman est-il autobiographique ? Cela n'est pas dit. Sonia a-t'elle eut besoin d'une distance ou ce roman n'est-il que fiction ? C'est dans tous les cas un roman très intimiste et à la fois universel sur les liens familiaux complexes et inépuisables. "Les enfants uniques sont terriblement à plaindre", dernière phrase de ce roman joliment écrit.

Le seul petit bémol est peut-être cette distance Paris-Province. En TGV, c'est peu, mais la distance culturelle reste longue depuis des siècles, et ça se sent un peu !


Raymonde Roman
( Mis en ligne le 25/08/2017 )
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