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Hystérie suburbaine
Joyce Carol Oates   Nulle et Grande Gueule
Gallimard - Folio 2004 /  6 € - 39.3 ffr. / 326 pages
ISBN : 2-07-042571-1
FORMAT : 11x18 cm

Ouvrage paru une première fois en octobre 2002 (Gallimard).
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Il ne fait pas bon rire aux Etats-Unis depuis que des avions s’écrasent sur des tours et que de jeunes ado s’amusent à tirer sur tout ce qui bouge. Au pays du 9/11 et de Columbine, les blagues les plus courtes sont les meilleures. Au pays du Patriot Act, pied de nez législatif au 1er amendement, sont-elles seulement autorisées ?!...
Joyce Carol Oates, peintre appréciée des mœurs américaines les plus contemporaines, ne pouvait passer à côté de telles évolutions, qui, semble-t-elle nous dire, ne révèlent qu’un peu plus les travers d’une société conformiste, communautariste et individualiste à la fois, et surtout, apeurée.

L’auteur inscrit son propos dans un fait divers suburbain. A Rocky River, banlieue new-yorkaise huppée, un ado des plus innocents, Matt Donaghy, gentil rouquin à l’humour un peu leste, se retrouve la cible de mire de la communauté entière pour un mot de trop : car on ne dit plus à la légère que l’on pourrait poser une bombe dans le lycée et mitrailler profs et camarades ! Voilà de quoi inciter les oreilles indiscrètes – mal intentionnées même - à une délation patriote, le proviseur à contacter le FBI, les mauvais langues à se délier et la rumeur à se répandre, le tout sans aucune vergogne. Tout ça pour ça ? Oui…

L’occasion aussi pour Oates de glisser des portraits convaincants de familles américaines dont le confort matériel n’aurait d’égal que l’anomie interne. Les pères absents, les mères stressées on ne sait trop par quoi, les chiens fidèles au poste (le chien, pierre ogivale de la Famille made in USA !), les ado esseulés… On sourit donc mais d’un grincement des dents !

Tout cela n’est jamais que de la littérature, ce qu’un happy ending trop poussé nous rappelle. Ce que dit aussi l’amourette entre Matt et «la Nulle», surnom que se donne Ursulla, basketteuse de bonne famille mais au look grunge, empreinte de principes moraux contredits quotidiennement par les siens. Cette marginale trouvera en un Matt lui-même marginalisé, l’occasion d’une reconnaissance sociale et d’un premier flirt à l’âge digital. Les deux amoureux s’écrivent par e-mail, suivant une carte du tendre sur puce électronique en somme ! Est-ce un mal ?...


Bruno Portesi
( Mis en ligne le 11/08/2004 )
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