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Isaac, Isaac
Dinaw Mengestu   Tous nos noms
Le Livre de Poche 2017 /  7,30 € - 47.82 ffr. / 315 pages
ISBN : 978-2-253-07105-1
FORMAT : 10,8 cm × 17,8 cm

Première publication française en août 2015 (Albin Michel - Terres d'Amérique)

Michèle Albaret-Maatsch (Traducteur)

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Dinaw Mengestu construit son roman sur un contraste convainquant entre l'ennui ''middle class'' du Midwest américain et les révolutions africaines précipitées - comme le sont les solutions chimiques - en coups d'Etat militaires sanglants. Quelle passerelle entre Laurel, petite bourgade perdue des États-Unis, et Kampala ?... Un homme, un homme noir...

Deux narrations, celle, en Afrique, d'un étudiant ami et confident d'un certain Isaac ; celle de Helen, assistante sociale entre deux âges, qui forme rapidement couple avec un jeune et mystérieux migrant du nom d'Isaac lui aussi. "Isaac était presque immatériel : sans être un fantôme, il avait tout d'un homme dont les contours auraient été ébauchés, un homme à qui je m'efforçais désespérément de donner chair".

On aime le regard que la jeune femme - car elle est encore jeune - porte sur son amant et, par le miroir que celui-ci lui offre, sur sa propre société, l'hypocrisie et le racisme ordinaire américains. Un repas dans un ''diner'' local donne lieu à la manifestation d'un rejet collectif cinglant du couple mixte, une opprobre violente par ses silences, les regards appuyés et les demandes insistantes d'une serveuse embarrassée... Les hésitations de Helen sur ce qui fonde son amour pour Isaac, ses nombreuses parts d'ombre, son visa bientôt caduque, sa propre envie d'ailleurs ; ayant échappé à la condition de vieille fille grâce à Isaac, Helen ne veut pas lâcher prise, amène son amant à Chicago qu'elle n'avait jamais visité... Et après ?...

De l'autre côté de l'Atlantique, deux étudiants se lancent pour rire dans une révolution de papier, pour humilier les fils de bourgeois sur le campus, échapper à leur condition d'enfants des bidonvilles. Le narrateur est ce jeune homme à la fois décidé et veule ; il a quitté village, famille et traditions, renoncé à ''tous ses noms'', pour la grande ville, l'université, devenir écrivain. ''Je suis allé à Addis-Abeba, j'ai pris une dizaine de cars différents pour atteindre le Kenya, puis l'Ouganda. En arrivant à Kampala, je n'étais plus personne ; c'était exactement ce que je voulais''. Ce narrateur anonyme est l'homme de la fuite, observateur d'épopées auxquelles il ne prend pas vraiment part. On l'appelle successivement l'Oiseau, le Professeur, Langston, Ali, Dickens - pour son accent britannique soigné/suranné. Quel sera son dernier nom ?...

A Kampala, il rencontre Isaac dont il subit le charme, observateur de la montée en grade du jeune poète contestataire devenu bras droit de Joseph, chef charismatique d'une escouade préparant son coup. Les idéaux cèdent alors la place aux exécutions sommaires, valses aux tués, villages décimés. Isaac devient un monstre dans une société malade de brutalisation.

Les chapitres alternent les deux narrations dans des espaces et des temps lointains et différés. On se demande qui est Isaac et s'il s'agit du même homme, d'une histoire à l'autre, d'un continent à l'autre, régimes et sociétés dissemblables sinon dans leurs failles et le surgissement des petitesses. Cette alternance crée un rythme qui tient la lecture, portée aussi par une langue sure d'elle et bien traduite. Cet entrelacement des récits est aussi un artifice, ce qui, parfois, se ressent. On se demande si les voix choisies sont les bonnes. On n'en est pas sûr mais on aura passé un agréable moment de lecture...


Thomas Roman
( Mis en ligne le 09/10/2017 )
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