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Breton Intime
André Breton   Lettres à Simone Kahn - 1920-1960
Gallimard - Blanche 2016 /  23,50 € - 153.93 ffr. / 384 pages
ISBN : 978-2-07-019687-6
FORMAT : 14,0 cm × 20,5 cm

Jean-Michel Goutier (Directeur de publication)
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Comme il était stipulé dans son testament, les correspondances d\'André Breton (1896-1966) seraient révélées 50 ans après sa mort. 2016 marque ce cinquantenaire, et voici publié un premier volet : Les Lettres à Simone Kahn qui fut la première femme du poète surréaliste, de 1921 à 1929. En 2009, paraissait pour le première fois un recueil de correspondances de Breton avec Lettres à Aube, sa fille (et sa mère Jacqueline Lamba) ne faisant pas partie de cette close testamentaire.

André rencontre Simone (1897-1980) au Jardin du Luxembourg en 1920 par l\'intermédiaire de Bianca Maklès, fiancée à l\'un de ses amis, Théodore Franekel (1896-1964). Ils se marient en 1921 et fort heureusement pour le lecteur, ils seront de temps en temps séparés, ce qui occasionnera une belle et dense correspondance. Seule celle d\'André est éditée ici, ce qui ne facilite pas la compréhension de leur vie privée. Mais c\'est la prose du poète surréaliste qui prime ici, pour l\'histoire littéraire, et le montre très attentif envers son épouse, délicat, romantique et amoureux (même lorsque la tempête menace !).

Qu\'il s\'agisse du style ou de la typographie de Breton, le lecteur n\'est jamais en reste. Jolie écriture, belles constructions de phrases, Breton le surréaliste est un prosateur on ne peut plus classique (un lecteur surprenant de Dostoïevski !). Même si son esprit est traversé par le merveilleux et des images puissantes, la restitution épistolaire n\'en reste pas moins extrêmement fluide et construite. De 1920 à 1929, les deux amants passent par tout ce qui constitue un couple, de la rencontre à la rupture : des mots doux (beaucoup) aux noms d\'oiseaux (fort heureusement rares) en passant par un quotidien jamais à l’abri des trahisons ou des problèmes financiers. C\'est la rencontre de Suzanne Muzard (compagne d\'Emmanuel Berl, pour le moins fragile, passionnée et instable) qui mettra le couple en péril ; Breton demandera le divorce (sans pour autant épouser cette dernière) en 1929. Ensuite, les lettres deviennent rares puis s\'estompent...

Exceptés les problèmes de cœur (qui dévoilent un Breton sensible, humain, parfois victime de ses passions mais jamais malhonnête), ces lettres illustrent également la fin du mouvement Dada et la naissance du Surréalisme. On croise Soupault, Aragon, Eluard, Desnos, Péret, Rigaut, Artaud et Crevel mais toujours de manière vague ou elliptique. L\'auteur de Nadja (écrit durant ces échanges épistolaires, en 1928) décrit assez peu à Simone l\'intérieur du mouvement, seulement quelques événements, visites, bagarres ou rencontres. Il en est de même de son œuvre littéraire qui est très peu détaillée ici. C\'est la limite de ce type de publication dans laquelle on parcourt avec plaisir et intérêt la vie privée d\'un auteur (une vie privée qui, chez Breton, est assez triviale) mais où la littérature n\'est pas forcément le sujet central, d\'autant moins qu\'après 1929, les lettres se font de plus en plus rares voire inexistantes ! Simone participait pourtant aux activités du groupe. Mais les portraits sont bien rares. Rien sur les activités ludiques du mouvement, pas grand chose sur l\'œuvre des camarades (sauf Aragon qui impressionne Breton) ni sur les grands événements (Le Manifeste de 1924, Soupault exclu en 1926, Rigaut mort en 1929, etc.). Le couple, le temps de cette correspondance, vivait ensemble davantage qu\'il n\'était séparé et pouvait en discuter le soir, au 42 rue Fontaine.

On découvrira ici une époque riche en créations, en rencontres, et en amour ! Breton est très entouré, très actif et très fragile (de nombreuses grippes ponctuent ces quelques années). Il est prévu que Gallimard publie deux recueils par an. La correspondance avec ses amis surréalistes devrait être bien plus enrichissante.


Jean-Laurent Glémin
( Mis en ligne le 02/11/2016 )
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