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Littérature  ->  Essais littéraires & histoire de la littérature  
 
Dossier PARIS
Sous le ciel de Paris
Paris et la photographie
Paris au XVIIIe siècle
Un Parisien à travers Paris
I hate Paris
Violences et passions dans le Paris de la Renaissance
Paris pour mémoire
Vivre à Paris de la Restauration à la Belle Epoque
Les Cocottes. Reines du Paris 1900
Histoire insolite des cafés parisiens
Louvre secret et insolite
Paris, Avant Après
Une histoire de Paris par ceux qui l'ont fait
Quel maire pour Paris ?
Le Piéton du Grand Paris
Le Monde à Paris
Paris, La forme d’une ville
Paris et ses grands monuments en 3 D
Paris, Restaurants d’antan et de toujours
Atlas du crime à Paris du Moyen-âge à nos jours
Paris promenades au bord de l’eau
Huit quartiers de roture
Saint-Germain-des-Prés
Les Plus beaux panoramas de Paris
Le Carreau du Temple
Paris en latin / Legenda est Lutetia
Curiosités du Paris haussmannien
Les Halles de Paris et leur quartier
Paris dans la collaboration
Mémoire des rues. Paris 6e arrondissement
Un peu de Paris
Le Paris arabe
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Regard d'un Parisien sur la Commune
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Paris 1900
Nous irons chanter sur vos tombes
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Haussmann le Grand
Les Grands Boulevards
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Pays parisiens
Le carnaval des Halles
Henri d’orléans, comte de Paris (1908-1999)
La Trace du fleuve
Napoléon III contre Haussmann ?
Mémoires
Histoire politique de Paris au XXe siècle

Paris en noir
Anne Reverseau   I hate Paris - Petite anthologie du désamour - De Rabelais à Mano Solo
Parigramme 2013 /  9 € - 58.95 ffr. / 111 pages
ISBN : 978-2-84096-805-4
FORMAT : 13,3 cm × 18,3 cm
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Des livres sur Paris : il en existe par milliers et justement Parigramme est une des meilleures (sinon la meilleure) maisons d’éditions spécialisées dans ce domaine. Mais des livres sur la détestation affirmée de Paris… c’est plus rare ! On aborde donc avec curiosité ce petit ouvrage au titre provocateur, écrit par une normalienne qui enseigne la littérature française en Belgique, à l’université KU Leuven ; le sous-titre : Petite anthologie du désamour de Rabelais à Mano Solo ; là aussi, tout un programme !

Dès la première phrase de l’introduction le ton est donné : «Tout individu arborant un tee-shirt I love Paris est un étranger : cette plaisanterie entendue à Paris est symbolique du rapport problématique de la capitale avec elle-même. Elle rappelle la boutade de Flaubert, qui résonne aujourd’hui étrangement : «Ne pouvoir se passer de Paris, marque de bêtise ; ne plus l’aimer, signe de décadence» (Dictionnaire des idées reçues). Alors que les déclarations d’amour sont de plus en plus discrètes et que les détracteurs de Paris gagnent en ferveur, serions-nous en pleine décadence ?»

Une introduction argumentée et intelligente ouvre l’ouvrage qui est complété d’une bibliographie, d’un index et d’une liste de sources. Huit chapitres qui déclinent différents paysages parisiens : Paris basse-cour, tristesse, snobisme, à l’étroit, vulgaire, naufrage, pour finir (de façon logique) par Paris ras-le-bol. Anne Reverseau a regroupé autour de ces thèmes des citations, le plus souvent assez brèves, d’auteurs venus de tous horizons, étrangers, provinciaux, mais aussi parisiens.

Paris est critiqué – ou détesté - pour de multiples raisons et depuis… toujours. Sont imbriqués les reproches inhérents à toute grande ville : le bruit, la foule, les embarras et divers encombrements, la perte de moralité, la vie exténuante, etc. ; et les reproches spécifiques à Paris, ou plus exactement au parisien, vu comme un être arrogant, fat, insupportable, irrémédiablement snob. «Paris est la seule ville du monde où en tous les milieux ne pas connaître une mode est un signe d’infériorité» (Nino Frank, «S.nob.», Bifur, 1930).

Les citations qui disent la déception sont impitoyables : «Pour un Guadeloupéen nourri de fantasmes sur la Ville Lumière, Paris surprend. Est ce là en vérité la cité tant vantée ? Pierres tristes des façades, pavés gras luisants de pluie, métros malodorants pris d’assaut par une population miteuse et harassée, bars emplis de soiffards cherchant le réconfort du gros rouge» (Maryse Condé, Les Derniers rois mages, 1992). «Ville putride, ville ignoble, ville hideuse. Ville triste, lumières tristes dans les rues tristes» (Georges Perec, Un homme qui dort, 1967). Paris, ville sans espaces verts ; Giraudoux constate avec une ironie grinçante que les cimetières y sont plus nombreux que les espaces verts : «Honneur à la ville qui prévoit plus d’oxygène pour ses morts que pour ses enfants !» (\'\'Paris et Berlin\'\', L’Intransigeant, 1930). En contrepoint des critiques qui s’expriment chez Rabelais, Rousseau, ou Thomas Dutronc, un autre thème : celui du \'\'c’était mieux avant\'\', de la nostalgie : «Paris n’est plus la cité des Temps Modernes», constate Le Corbusier en 1933 (La Cité radieuse).

Paris ville sale, triste, où les habitants ne savent que courir, mais sont aussi ce peuple de badauds dont se moque Rabelais ; et si en fait Paris souffrait d’être trop objet de fantasmes… ville imaginaire, rêve qui inévitablement se fracasse au quotidien ? À lire cette anthologie, on se prend à douter brièvement des charmes de Paris mais… laissons la conclusion à Alphonse Karr : «Le vrai Parisien n’aime pas Paris, - mais il ne peut vivre ailleurs» (Le Diable à Paris, 1853) ; et renvoyons le lecteur à une utile lecture complémentaire, aux mêmes éditions Parigramme : Pierre Antilogus, Je suis parisien... mais je me soigne.


Marie-Paule Caire
( Mis en ligne le 06/05/2013 )
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A lire également sur parutions.com:
  • Je suis parisien... mais je me soigne
       de Pierre Antilogus
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